Les Jeux Olympiques ont cette capacité rare : faire entrer des millions de spectateurs dans des univers sportifs qu’ils ne connaissent pas toujours. Face à une discipline inconnue, une règle complexe ou un résultat à décrypter, le besoin d’information devient immédiat. 

C’est précisément sur ce terrain que le CIO, Comité International Olympique, a testé Olympic GPT, une version olympique de ChatGPT conçue pour répondre aux questions des fans sur les Jeux. 

Mais derrière cette innovation se joue quelque chose de plus profond qu’un simple usage technologique. Les publics n’acceptent plus d’être laissés seuls face à une expérience qu’ils ne comprennent pas ; ils attendent du contexte, des explications et des clés de lecture immédiates. 

Ce réflexe dépasse largement le cadre sportif. Dans le tourisme aussi, les visiteurs ne cherchent plus seulement à voir un lieu, un monument ou une infrastructure : ils veulent comprendre ce qu’ils vivent, pendant qu’ils le vivent. 

C’est cette bascule qu’interroge le Cahier de Tendances Tourisme 2026 de Paris&Co, à travers trois axes majeurs : l’intelligence artificielle au service du tourisme, l’héritage des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024 et les nouveaux circuits touristiques. 

Un outil de médiation touristique.

Olympic GPT illustre une évolution déjà visible dans le tourisme : l’intelligence artificielle ne sert plus seulement à automatiser une réponse. Elle peut devenir un véritable outil de médiation, capable d’expliquer, de contextualiser et de rendre une expérience plus accessible. 

Un spectateur qui découvre une discipline olympique sans en connaître les règles a besoin d’un accompagnement. De la même manière, un visiteur qui traverse un lieu culturel sans en connaître l’histoire peut passer à côté d’une partie essentielle de l’expérience. 

Dans chacun de ces cas, l’expérience existe déjà. Mais elle a besoin d’être racontée, contextualisée, rendue lisible. 

Cette logique ouvre des perspectives plus larges pour le tourisme : Ask Mona, au château de Versailles, permet aux visiteurs de dialoguer en temps réel avec des statues et des fontaines grâce à l’IA, à partir de contenus historiques validés par l’équipe de conservation. Cryptors in the City transforme la découverte du patrimoine en jeu interactif et rend les lieux plus accessibles, engageants et vivants pour les touristes comme pour les habitants. 

Ces initiatives peuvent enrichir la découverte d’un lieu, d’un patrimoine ou d’un événement. L’objectif n’est pas seulement de guider le visiteur, mais de lui donner les clés pour mieux comprendre ce qu’il découvre. 

L’un des grands apports de l’IA réside dans sa capacité à personnaliser l’expérience. Elle peut adapter les contenus au profil du visiteur, proposer des recommandations, traduire des informations, répondre à des besoins spécifiques ou faciliter l’accès à certains services. 

Mais cette personnalisation ne doit pas faire disparaître ce qui fonde l’expérience touristique : l’accueil, la relation, la médiation humaine, la transmission et le conseil. Car l’IA n’est pas infaillible : elle peut être influencée par des biais et produire des informations erronées ou trompeuses. 

Derrière chaque outil, l’humain doit donc rester présent pour vérifier, corriger et garantir une expérience juste, sensible et incarnée. 

L’IA pour prolonger le récit olympique.

Les Jeux Olympiques ne s’arrêtent pas à la cérémonie de clôture. Ils laissent une empreinte durable sur le territoire : transformation urbaine, création ou rénovation d’infrastructures sportives, développement des mobilités douces, réouverture de sites de baignade, valorisation du savoir-faire français et engagement citoyen. Ces héritages ne relèvent pas seulement du patrimoine matériel. Ils racontent aussi une manière différente de visiter et de faire vivre les territoires. 

De nouveaux récits et de nouveaux formats immersifs autour du sport et de la culture ont émergé. Ces parcours permettent de diversifier les expériences touristiques, de mettre en valeur des territoires souvent méconnus et d’enrichir la relation entre visiteur·se·s et populations locales. 

C’est ici que l’IA peut devenir un outil de réactivation territoriale. Car elle peut contribuer à réactiver ces héritages : raconter le parcours olympique entre Pleyel et le Stade de France, expliquer la réouverture de la baignade dans la Seine et la Marne, ou prolonger l’expérience culturelle autour des médailles olympiques et des œuvres issues de la Cultural Olympiad. Dans chacun de ces cas, elle ne crée pas le récit à elle seule : elle aide à rendre lisibles des transformations qui risqueraient, sans médiation, de redevenir invisibles. 

Cahier de Tendances Tourisme 2026 : comprendre les transformations d’un secteur en mutation.

Après les plateformes de réservation, l’IA pourrait devenir une nouvelle interface entre visiteurs et territoires. Mais à condition de ne pas réduire le voyage à une succession de réponses automatisées. Sa valeur dépendra de sa capacité à transmettre du contexte, à révéler les usages, à prolonger les récits et à rester au service de la relation humaine. 

C’est là que se joue la prochaine bascule du tourisme : des territoires qui deviennent plus conversationnels, capables de raconter ce qu’ils sont, ce qu’ils ont traversé et ce qu’ils deviennent. Un tourisme où l’expérience ne se limite plus à voir ou à se déplacer, mais s’interprète en temps réel, au croisement des lieux, des récits et des personnes qui les font vivre. 

C’est cette bascule que la 9e édition du Cahier de Tendances Tourisme 2026 de Paris&Co propose d’explorer, à travers des initiatives concrètes, des signaux émergents et des clés de lecture pour accompagner un tourisme plus durable, plus équilibré et plus attentif aux territoires. 

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